La Gélinotte des bois (Bonasa bonasia) est une espèce emblématique des forêts de montagne, mais elle demeure paradoxalement l’un des galliformes de montagne les plus méconnus. Son comportement discret et son habitat forestier fermé rendent sa détection et son suivi particulièrement complexes. L’espèce est aujourd’hui classée en « Préoccupation mineure » à l’échelle européenne, mais dans la catégorie « quasi menacée » sur la liste rouge nationale en France et la liste rouge régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est confrontée à une perte d’habitats en raison de pratiques de gestion sylvicole défavorables.
Les connaissances disponibles sont très lacunaires, essentiellement issues de suivis ponctuels (indices de présence sur la neige, battues en ligne, rappel ou d’enquêtes à large échelle, ce qui rend les données rares, ponctuelles et hétérogènes, ne permettant pas d’afficher de tendance claire sur l’état des populations ni de suivre leur évolution de manière fiable ou d’identifier précisément les secteurs à enjeux. L’usage d’outils bioacoustiques a été testé dans le Jura Suisse mais s’est pas imposé comme une méthodologie largement utilisée sur l’espèce.
Les données recueillies dans le cadre du suivi Indice de Présence sur Placettes Circulaires IPPC (programme OGM/053) sont plus fiables mais anciennes (acquises entre 2008 à 2014). Le protocole IPPC a été jugé trop lourd et fastidieux pour pouvoir être appliqué à large échelle et de fait a été arrêté en 2015.
Les Fédérations Départementales des Chasseurs de l’Isère et de la Savoie ont commencé à tester une méthode d’estimation de densité d’oiseaux fiable, plus légère et facilement transposable. Cette méthode a été proposée et coordonnée par la DRAS de l’OFB (M. Montadert) en Savoie. Elle consiste à réaliser des inventaires de mailles de 1ha parcourues en diagonale entre janvier et avril, à la recherche d’indices de présence (traces, plumes, fèces, place de poudrage) dont la position GPS est notée dans un projet QField. Chaque maille est parcourue en suivant les diagonales. Le tracé gps du parcours de l’opérateur est enregistré également. Lors des sorties, les crottes trouvées sont récoltées et conservées dans des tubes contenant de l’éthanol. Les analyses génétiques réalisées sur ces crottes permettent de fiabiliser la méthode.
La Fédération Régionale des chasseurs d’Auvergne-Rhône-Alpes et les Fédérations Départementales de l’Isère, de Savoie et de Haute-Savoie ont entrepris de consolider le travail de test de la méthodologie en initiant un suivi généralisé à de plus nombreux sites de référence que dans les tests initiaux.
Cette expérimentation est menée en étroite collaboration avec l’OFB et l’OGM, s’appuyant sur le protocole proposé par Marc Montadert (DRAS OFB). Elle s’étalera sur trois années successives (de 2026 à 2028). L’expérimentation consiste à collecter les données prévues dans le cadre du protocole proposé par la DRAS OFB et à les croiser avec les résultats des analyses génétiques réalisées sur les fèces et plumes trouvés lors des prospections.
Le projet a débuté en avril 2026, il est encore trop tôt pour dégager des résultats au moment de la rédaction de ces lignes.


L’Union Européenne (FEDER) soutient les travaux engagés par la FRC AuRA dans le cadre du CTCB Grand Pilat et du CVB Grand Pilat.
La Région Auvergne-Rhône-Alpes soutient les actions des FDC et de la FRC dans le cadre de la Convention de Partenariat et d’Objectifs (CPO).
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